Accueil Actualités FFQ Les câbles et chaines de la honte, la FFQ interpelle le Ministère de l'Intérieur
Les câbles et chaines de la honte, la FFQ interpelle le Ministère de l'Intérieur

Chronique d’un homme ordinaire

Il s’appelle Rhossetos, il est marié, père de famille et entrepreneur dans la bonne ville de Dijon.

Quoi de plus banal ? Rien ; Rhossetos est un homme ordinaire.

La vie, qui n’est pas toujours facile, lui a par un cruel tour de passe-passe, mis les deux roues qui était en ligne de sur sa moto, côte à côte sur un fauteuil roulant…

C’est une dure épreuve, pas exceptionnelle, mais dure : voir ses os, c’est autre chose que fantasmer sur la grippe h1n1, croyez le…
Les mois d’hosto, de rééducation… le doute, les douleurs, l’angoisse de perdre plus encore que son autonomie, faire partager son épreuve aux êtres chers… la reconstruction, l’acceptation, la renaissance de l’amour de soi, une sorte de mort en restant vivant… toutes les choses que les valides ne peuvent pas bien cerner.

Bref ce qui est décrit ici en quelques lignes faciles à lire est un chemin de croix dont il est bien difficile de retranscrire la noirceur.
Cette reconstruction, Rhossetos l’a bâtie pierre par pierre, sonde par sonde, geste part geste, pendant des mois et des années, par la force de sa volonté et l’amour des siens qui reste le meilleur des ciments.

Rhossetos est paraplégique, mais a intégré que l’homme n’est pas mesurable à ses jambes ou au fait qu’on soit assis ou debout : il a trouvé en lui et en les autres la force de bâtir une nouvelle vie.

Cette nouvelle vie est fonction de ses envies mais aussi de ses possibilités, de sa force mais aussi de ses douleurs et de ses fatigues, des siennes et aussi des celles de ses proches : Rhossetos a fait un compromis avec la vie avec l’espoir que la vie aussi ait fait un compromis avec lui.
Il a fait une croix, et ses proches aussi, sur beaucoup de choses qu’il faisait avant et fait d’autres choses, souvent moins en adéquation avec ses désidératas, mais il est conscient que dans beaucoup de cas ce n’est plus un choix mais une réalité incontournable : pas de mobilité des jambes = perte d’autonomie, un point c’est tout. Et il fait avec, aussi bien qu’il peut.

Un jour, il découvre le quad… Après de nombreuses années privé de son autonomie autre que faire deux cent mètres pour aller chercher le pain quand par bonheur votre trottoir est équipé de bateaux, il se promène… dans les chemins… il s’arrête quand il veut… il repart quand il veut… il profite de sentir la saison des châtaignes… du bruit des arbres dans le vent… du soleil qui se couche en septembre… des aubes de printemps toutes humides… d’observer l’écureuil ou le martin pêcheur qui remonte la vallée en piaillant au petit matin… des rigolades avec les potes de randos… des petits restos du midi ou on refait le monde à notre image et ou on oublie les tracas de la semaine… : ça y est : Rhossetos sent qu’il a réintégré la vraie vie… en fait, Rhossetos, il revit tout simplement… : Rhossetos a retrouvé Rhosseto.

Il faut arrêter le conte de fée ici : 22 octobre 2009, un chemin, un câble, le sang, les douleurs, l’hélicoptère, l’hôpital, une seconde mort pour Rhossetos, les vieux démons sont à nouveaux présents : fracture du larynx, du col de fémur, incertitude sur l’avenir, mise en péril de son entreprise, de sa vie de couple…

La seule question :

Combien de Rhossetos doivent mourir sur un chemin ?
De voisins à chevaux, de fils en vélo ?
Qui sera le Rhossetos de demain ?
Qu’adviendra t-il des poseurs de cables ?
Les pauvres auraient t’ils la justice et les riches les avocats ?
STOP !!!
Les pouvoirs publics seraient-t-il sourds et aveugles ?

Demandons-leur !!!

Lettre au ministère de l'intérieur

Réponse du Ministre

 

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